Interview // MINO x DA VIBE : ENTRETIEN SANS CONCESSION

Originaire de Marseille, qui n’est  pas « une ville de Rap », mais d’où  les meilleurs rappeurs viennent (dixit Mino), Mino a eu la gentillesse d’accorder un entretien à Da Vibe.
 Franc, souriant et plein d’humour, l’enfant du Vieux-Port nous présente un peu son univers et son premier album solo intitulé La 25ème heure.
 Le rappeur marseillais ne nous cache pas que cet album a été un parcours du combattant d’où l’attente mais il est aujourd’hui fier du résultat. Conscient d’être attendu, Mino s’est mis une grosse pression sur les épaules.
L’album la  25ème heure est prévu pour début 2011, il comportera 13 titres avec en featuring Krlos, Redk, Picrate et Akhenaton et est produit en majeure partie par Medeline et Ghenay.

Le premier extrait de cet album intitulé « Si je suis fou » vient d’être clipé, on devrait en entendre parler très prochainement…


Mino, peux-tu nous parler de toi et de ton parcours ?

Mino, c’est un surnom qui me suit depuis que je suis enfant. Je traînais souvent avec des plus grands que moi. C’est resté avec le temps.
J’ai fait mes débuts dans le rap en 1997, au début comme beaucoup, il n’y avait rien de sérieux, c’est 3-4 ans après que mon rap s’est professionnalisé avec notamment mes premières scènes. Je ne pensais pas à enregistrer, ce que j’aimais c’était la scène, les freestyle, les concerts. C’est comme ça que je me suis fait connaître.
C’est à partir de 2002 que j’ai eu l’ambition de vouloir sortir des disques. J’ai fait des apparitions sur plusieurs compilations, sur l’album de Soprano, sur celui des Psy 4 de la Rime. Mon premier projet intitulé Bretzel date de 2003.

Tu es la première recrue du label de Soprano Street Skillz,    qu’est ce que ça t’a apporté d’intégrer ce collectif?

J ‘ai vu les choses différemment, d’une manière plus professionnelle musicalement parlant. J’ai par exemple assisté au déroulement de l’enregistrement de l’album de Soprano, travaillé avec des parisiens, plein de choses que je pensais anodines mais qui ne le sont pas.
Et Soprano c’est un peu le frère, on aime la musique de la même manière.

Avec  plus de 250 concerts à ton actif, on peut légitimement te considérer comme un artiste de scène ?

Je kiffe me retrouver avec mes potos sur scène, et c’est là que j’ai commencé. Mes morceaux ne sont forcément écrit pour les concerts, mais c’est sur scène qu’on me voit vraiment, que l’on comprend vraiment le sens de mes paroles. J’aime faire vivre aux gens ma passion, et le public est très réceptifs vis-à-vis de tout ça. Sur scène, je sens qu’il se passe quelque chose entre le public et moi et c’est énorme comme sensation.

Mino, certains qualifient ton rap de mélancolique…

Non, ce n’est pas toujours le cas et ça m’énerve un peu qu’on me catalogue rappeur mélancolique. Je fais des morceaux sans mélancolie, avec de l’égotrip, et j’aborde différents thèmes pas forcément tristes. Surtout ce n’est pas ma manière d’être dans la vie.

LA 25ème c’est le titre de ton album solo, un mot sur ce titre, et sur l’album ?

La 25ème heure c’est le titre d’un film de Spike Lee avec Edward Norton, ça ne  m’a pas directement inspiré, mais j’ai apprécié le concept. Ce titre me correspond un peu, je vis les choses, et je réfléchis après, je fais tout à l’instinct.
 Je me suis dit, il me faut une 25ème heure, il faut que je rajoute une petite heure dans ma vie pour réfléchir. C’est entre ce j’ai fait hier et ce que je vais faire demain. Elle n’existe pas donc, je vais me la rajouter en album.
Sur cet album, j’ai essayé de varier, il y a un peu de tout, des sons un peu electro, des morceaux rap hardcore etc…J’ai travaillé mon flow, avec des morceaux rapides, des morceaux ou c’est plus calme, j’ai également travaillé sur ma voix, pour varier et ne pas lasser, sur un album solo ce risque n’est pas négligeable.


Si je fouille dans ton Ipod, je tombe sur quoi ?

Il y a un peu de tout, je suis beaucoup branché US ! Dans ma playlist, il y a The Game, Kanye West, Kid Cudi, Busta Rhymes, Alicia Keys,   Ayo, Jay-Z,   Nas,   Flo-rida, même du Jacques Brel.

Marseillais, donc supporter de l’O.M je suppose ?

Je suis un fervent supporter de l’OM, je devais avoir 14-15ans lors de mon premier abonnement au Vélodrome, j’ai fait des déplacements au Parc des Princes. J’ai l’impression qu’on s’est affaibli par rapport à l’année dernière. Quand l’O.M perd, je me coupe du monde, ça me ronge jusqu’à la semaine d’après.


Un dernier mot pour les lecteurs de Da Vibe et ton public…

Merci d’avoir attendu, j’espère que La 25ème heure leur plaira. J’ai beaucoup travaillé sur ce projet. J’ai fait écouté à quelques personnes mon album, et j’ai eu de très bons retours. On m’a dit que mon rap avait gagné en maturité et ça, ça me fait plaisir.
 Le premier extrait sera prochainement clippé et l’on devrait en entendre parler au mois de décembre.