R. KELLY LE « ZODIAC » LOVER ECRIT UNE « LOVE LETTER » : « EPIC » !

20 ans de carrière, 12 albums à son actif (si l’on inclut ses albums en collaborations avec Public Annoucement « Born Into The 90’s » et Jay-Z « Best Of Both World » et « Unfinished Business »), une myriade de hits successifs depuis 1992, Robert Sylvester Kelly ou plus communément appelé  R. Kelly, à traversé les époques, les tendances et les modes, en créant certaines, repoussant les frontières du R’n’B en explorant des univers lui étant étrangers et régnant de main de maître sur la scène R’n’B en King incontesté.
Après avoir révolutionné cette musique durant les années 90 et influencé toute une génération de jeunes artistes après lui, R. Kelly – dont les deux derniers albums n’ont connu qu’un succès mitigé, jugés trop simplistes et sans grande inspiration par certains critiques – s’apprête à sortir trois albums en 2011 : le EP « EPIC », « Love Letter » et « Zodiac », albums qui sembleraient à l’écoute des premiers extraits se rapprocher d’avantage à son répertoire habituel , ce qui ne présage que de bonnes choses.
En attendant de découvrir ce que notre ami « Kellz » nous prépare de bon cette année, voici le portrait d’un artiste complexe à la carrière tumultueuse et spectaculaire.
Artiste aux facettes multiples, R. Kelly à su au fil des années se démarquer du reste de ses contemporains par son talent et sa créativité unique, ses capacités vocales incroyables (comme il nous en fait la démonstration dans  l’interlude « The Opera » sur l’album « R. » (1998)) ou encore son génie de compositeur, mais surtout en sortant des sentiers battus du r&b traditionnels, apportant à cette musique une dimension plus complexe et plus grandiose.
 Ce qui fascine chez R. Kelly c’est tout d’abord sa grande diversité. En effet, cet artiste est capable de passer de chansons à caractère assez explicit (« The Greastest Sex », « Bump & Grind »,  « Sex Me »…) à des chansons festives (« Fiesta », « Feeling On Your Booty ») à des chansons plus spirituelles et plus inspirantes telles que le désormais classique « I Believe I Can Fly », « The World’s Greatest », « Heaven I Need A Hug », « The Storm Is Over » etc…
R. Kelly est aussi un conteur d’histoires hors-pair. Ses histoires parlent souvent d’infidélité et d’adultère, dépeignant des galeries de personnages qui découvrent qu’ils ont été trompés. Même si le sujet reste plutôt banal au premier abord, c’est la manière dont il est abordé par l’artiste, qui est intéressante : une  narration cinématographique, présentée sous forme de mini « soap opéra » ou chaque intrigue est mise en scène avec des interventions quasi- théâtrale de chaque personnage.
On peut citer dans le genre des titres comme « Down Low (Nobody Has To Know) » titre de l’album « R. Kelly » (1995) et aussi 1er titre de la  longue série « Down Low » dont le « R. » et le crooner old school  Ron Isley sont les héros principaux (on compte d’ailleurs dans cette série les titres « Friend Of Mine » remix avec Kelly Price, « Contagious » sur l’album « Eternal » des Isley Brothers en 2001, « The Showdown » sur « Chocolate Factory » (2003) et « Showdown 2 » extrait de l’album « Body Kiss » toujours des Isley Brothers).
 D’autres titres comme « Down Low Double Life » sur le double album multi-platine  « R. » (1998) ou encore « I Don’t Mean It » sur son album classique « TP-2.com » – qui illustre une conversation de R. Kelly avec dieu lui-même – sont l’exemple de son talent de narrateur mais c’est sa fameuse série mélodramatique « Trapped In The Closet » issue de son septième  album « TP.3 Reloaded » qui confirmera R. Kelly comme étant un auteur génial. Comptant initialement cinq épisodes, « Trapped In The Closet » raconte l’histoire de Sylvester, un homme qui se réveille chez la femme avec qui il a passé la nuit et se retrouve confronté au mari de celle-ci. L’homme, découvrant que son épouse le trompe, décide de lui révéler son homosexualité. S’en suit une série d’événements rocambolesques et de rebondissement qui tiennent l’auditeur en haleine. Chaque épisode, diffusé chaque semaine sur les radios américaines, rencontreront un franc succès et pousseront le chanteur à poursuivre l’histoire qui comptera au final vingt-deux épisodes, qui sortiront même en DVD sous forme de mini série.
Mais ce qui a fait la réputation de R. Kelly ce sont ses grandes chansons d’amour, de belle balades comme le romantique « Half On A Baby », « When A Woman’s Fed Up », « If I Could Turn Back The Hands Of Time » « A Woman’s Threat » titres sur lesquels Robert déclare sa flamme, fait part de ses regrets, demande pardon, sensibilisant l’auditrice qui s’identifie à ses paroles.
Fort de ses innombrables succès, R. Kelly se verra confier la production d’albums de jeunes artistes notamment  Aaliyah « Age Ain’t Nothing But A Number », Sparkle (on se souvient du magnifique « Be Careful »), mais il produira aussi des titres pour des chanteurs comme l’artiste soul Maxwell (le titre « Fortunate ») et le succès de « I Believe I Can Fly » lui permettra de collaborer avec de grandes stars internationales  telles que Céline Dion (« I’m Your Angel » sur l’album « R. ») ou encore Michael Jackson (« You Are Not Alone »).
L’année 2003 sera une des années les plus productives de sa carrière puisqu’il sort l’album  « Chocolate Factory ». Véritable tournant pour le chanteur qui vit alors un des moments les plus critiques de sa vie : impliqué dans une sombre histoire de détournement de mineurs, sa carrière qui semblait compromise sera littéralement ressuscitée par l’immense succès de ce petit bijou made in Kelly. S’en suivront son premier « Greatest Hits » et d’innombrables collaborations avec les artistes les plus en vue du moment : B2K, Britney Spears, Ginuwine, The Isley Brothers, Tyrese, J. Lo…
Beaucoup critiqué à l’époque pour ses lyrics explicites, Kelly décide de prendre une direction différente et créer le double album « Happy People/ U Saved Me» proposant d’une part des chansons dansantes inspirées du « stepping » danse originaire de Chicago, et d’autre part des choses spirituelles.
Ses albums suivants « TP. 3 Reloaded », « Double Up » et « Untitled ,» pourtant de bonne qualité, peineront à satisfaire fans et critiques habitués à un R. Kelly avant-gardiste et innovant. Après tant d’années d’activités, R. Kelly aurait-il perdu son goût du risque pour se reposer sur ses lauriers ? Aurait-il atteint les limites de son génie créatif ? Est-il encore capable de produire cette grande musique inspirante et profonde qui nous a tant fait rêver ? Le King qui semble excédé par le manque de considération que lui accorde certains jeunes chanteur comme Trey Songz et aussi que l’on discute sa position dans le paysage R’n’B a décidé de sortir cette année non pas un, ni deux mais trois albums, pour le plus grand bonheur des inconditionnels.
Le premier, le EP « EPIC » est composé d’une collection de chansons de la trempe de « I Believe I Can Fly » et dont on peut déjà découvrir les deux premiers extraits « Sign Of A Victory » et « Fireworks » (produit par Polow Da Don), le second est l’album « Love Letter » et son single « When A Woman Loves » sur lequel, R. Kelly au top de sa forme, chante de manière magistrale. Quand au dernier intitulé « Zodiac » il semblerait plutôt prendre la direction des dance-floors à l’écoute du club banger « Tongues » featuring Ludacris et produit par Bangladesh.
R. Kelly. 2011. trois Albums, trois couleurs, trois sonorités différentes ! La rentrée s’annonce prometteuse, alors restez à l’écoute !
“Love Better” arrive dans les bacs le 14 décembre prochain


Par MALIK L.Y.T