UNE CONVERSATION x ÂA

Photos : Jeremy Gentit

Le belge ÂA s’avère être un artiste sincère et attachant tant ses lyrics sont soignées et touchent “Le vent souffle dans mon coeur mais je ne hisse plus les voiles”. Le chanteur romantique se voit fédérateur, mettant l’accent sur nos similitudes et le fait, que dans le fond, nous sommes tous les mêmes. A L’occasion de la sortie de son EP ÂANIMÉ, on a papoté avec le jeune homme originaire de Liège.

Hey ÂA comment vas-tu ?

 Un peu mieux qu’hier, mais tres bien, mon EP est out, ça fait trop plaisir de partager plus de musique.

Cela fait déjà plus d’un an qu’on s’est rencontré à Paris lors de la sortie de ton single “Marée Basse”, comment s’est passé musicalement cette année écoulé ?

C’etait une année très intéressante, j’ ai appris beaucoup de choses sur moi même et sur ma musique, sur ce que je veux vraiment musicalement et dans la vie, par exemple j’ai eu la confirmation que le temps passe trop vite et que je dois me radicaliser dans ce que je veux proposer artistiquement, je vais toujours essayer de garder l’essence de ce que je suis en m’affirmant, mais toujours fair mieux  qu’hier.

Peux-tu nous décrire l’univers d’ ÂANIMÉ?

C’est un univers rose, bleu et jaune, c’est l’aurore après une soirée entre pote, on n’est ni triste, ni vraiment heureux, mais pleins d’idées, de projets  et de rêves dans la tête, on vient de décider qu’il était temps de changer.

T’es-tu senti immédiatement à l’aise et inspiré lorsque tu as commencé à préparer  cet ep ?

L’ EP est en fait un mélange de chanson que j’avais depuis longtemps et d’autre que j’ai créé rien que pour le projet, par exemple “Le fou du village”  et “Solitude” sont des morceaux qui on un peu plus d’un an et qui étaient des pièces importantes dans mon paysage musicale.

Justement le titre “Solitude” a marqué notre attention, peux-tu nous parler de ce titre qui est assez profond que ce soit sur le beat que sur les lyrics

C’est Sur une topline de Yseult et une prod de Prinzly, j’avais une chanson qui s’appelle Ma solitude , que j’avais ecrit seule chez moi sur un type beat, c’etait plus ou moin un mélange entre du Barbara et quelque chose de plus rap, puis en studio en bossant j’ai entendu Yseult dire solitude en cherchant une topline, je me suis dit qu’il fallait absolument que je retraite le sujet,  à l’époque plus ou moins tout le monde essayait de me faire simplifier mes chansons, aller à l’essentiel, et voila je me suis mis dans la peau d’une femme qui pleur son mari et d’un enfant qui pleure un parent , y a surement un délire oedipien à creuser, je voulais que la chanson reste vague tout en sachant très bien de quoi on parle, poser les sensations plutôt que de décrire la situation. C’est un peu une sorte de réflexion à haute voix 

Parles-nous de ta collaboration avec Yseult ? 

J’ai rencontré Yseult il y a plus ou moins deux ans lorsque je bossais avec Prinzly en studio, je connaissais  déjà son boulot, et on devait se rencontrer pour essayer de créer ensemble, dès le premier jours de notre rencontre on a  créer Solitude, cette meuf est incroyable, elle fait partie de ces gens qui lorsqu’ils entre dans votre vie, vous poussent à voir les choses différemment, pour le meilleur et le pire.

Sur « C’est pour quand » tu dis quelque chose d’intéressant : « je suis perdu dans un sablier, est-ce que le temps m’a oublié tant mieux pour mon mon âme, tant pis pour mon âge  ». Tu penses que tu as dû grandir plus vite que certaines personnes ?

Aujourd’hui je prend vraiment conscience de ça, c’est parfois compliqué de ne pas avoir l’âme  de mon âge et voir le monde autrement, ce n’est jamais une bonne chose qu’un enfant se comporte comme un adulte, mais c’est un peu ce qui s’est passé pour moi, du coup j’ai tendance à être extrêmement dur avec moi même lorsque je me comporte normalement, comme un jeune homme de mon age, j’ai un peu trop observé les gens que j’aime, et je me suis un peu trop identifié à leurs combats et leurs vies, je me suis très vite retrouvé dans une urgence toxique, on finit très vite par se retrouver en dehors du temps avec un langage entre la jeunesse et une certaine forme de maturité, même si la plupart du temps j’ai l’impression d’être un grand gamin. 

Tu fais tout le temps de la musique ?

Non, moins qu’avant, je prends plus le temps de vivre, dessiner, écrire, lire, retourner aux cinema ou juste chiller, la musique a pris tellement de place dans ma vie ces dernières années qu’il a fallu que je me retrouve et ça fait du bien de recréer des chanson sans rien attendre si ce n’est d’explorer, c’est tellement plus fun et aussi accepter le fait que parfois y a pas d’inspiration.

Tu t’es fixé des objectifs pour ce projet?

C’est toujours le même à chaque projets, toucher les coeurs, créer de l’emotion en essayant d’avancer, ça peut paraître un peu cliché, mais c’est vraiment ce qui m’anime à chaque projet, si non ça n’en vaut pas la peine. 

Est-ce qu’il y a un morceau qui te représente ? Que tu te sens bien en écoutant, sans raison particulière ?

Y’en a plusieurs, mais “Le clair de lune” de Debussy marche pour toute les émotions,  je pourrais dire aussi “Octobre” de Francis Cabrel, “Le fou du village’ dans mon EP, “Yayaya” de RY X, “Brooklyn” de Woodkid, en vraie y en a beaucoups d’autres

Quelles sont tes influences musicales actuellement ?

Je ne sais pas si ça a vraiment une influence sur ma musique mais je réécoute beaucoup les album qui ont marqués ma vie, “Growing pain” de Mary j Blige, “Dans ma bulle” de Diam’s, “Nostalgie Ultra” de Frank Ocean, les projets de Mykki Blanco,, Ben Khan

Qu’est-ce que je trouve comme musique si je fouille dans ton téléphone ?

je vais vous dire les dernier chansons que j’ ai rajouté dans ma playlist de tous les jours, “Loosing my religion” de REM (parce que j’ai regardé Sound exploder  sur Netflix ), Sean Paul “Daddy’s Home” (toujours en mode back to basics), “Night on Earth” de Jerkcurb que j’ai découvert y a pas plus d’une semaine, et j’ai aussi réécouté l’abum “A good Idea” de Elliphant qui m’avait vraiment marqué y a quelques années et que j’ai retrouvé y a quelque jours.

Après le EP, c’est quoi la suite pour toi ?

j’ai envie de parler de nouveaux sujets, que j’avais peut être juste effleuré de loin, créer de nouveaux visus sur lesquels j’imposerais encore plus ma vision artistique, continuer de cultiver la paix du coeur, essayer d’écrire la chanson de ma vie, essayer ne pas attraper le Covid, apprendre à mieux consommer, ne surtout pas tomber dans le militantisme performatif, être plus présent pour les gens que j’aime, des bails comme ça… Et l’amour.

Le EP à streamer ci-dessous