UNE CONVERSATION x YOUNÈS

Photos Louise K Mambi

Ami depuis le lycée avec le rappeur Rilès, Younès, connu sous le pseudo de Yoon on the Moon a délivré son projet “Mêmes les Feuilles”, le 13 mars dernier. À 24 ans, celui qui baigne dans le rap depuis l’adolescence compte en profiter pour lancer sa carrière.

Son style hybride, la philosophie et l’alchimie qu’il développe, sa productivité étaient donc d’arguments pour donner la parole à un rappeur hors du commun, voguant incessamment vers la richesse du succès

Nous avons donc posé 10 questions au Rouennais. Entretien !

Bonjour Younès est-ce que tu peux te présenter, et nous dire d’où tu viens?

Rappeur, acteur, écrivain. J’ai 24 ans, je suis originaire de Rouen et j’habite maintenant à Paris. Je fais du rap depuis une dizaine d’années, et ça fait maintenant un peu moins d’un an que j’en vis. J’ai sorti récemment mon deuxième projet, intitulé “Même les feuilles”. 

Comment tu es tombé dans la musique, as tu nourris cette envie dans ton enfance?

Je me suis mis à écouter du rap grâce à mon grand frère. C’est lui qui m’a offert mon premier album au collège :”Entre ciment et belle étoile” de Keny Arkana. C’est un album qui m’ a vraiment marqué. J’ai été touché par la plume, les mélodies, et les revendications présentes dans les textes. Je me suis alors mis à écouter beaucoup de rap, et assez naturellement

je me suis mis à en faire. Autrement, plus jeune j’écoutais beaucoup Medine, Hugo Tsr, Youssoupha, Booba, La Fouine, Sniper…

Quel a été le déclic ? Le moment ou tu t’es dit je veux être un artiste/ rappeur?

Le jour où j’ai sorti mon premier clip.

Y a eu beaucoup de bons retours, de gens agra”ablement surpris, de gens touchés par ma musique. à ce moment là j’ai su que j’avais envie de reproduire ce phénomène, de toucher les gens de nouveau. 

Comment as tu fonctionné pour aboutir au projet “Même les feuilles” ?

C’est un projet qui recoupe mon travail depuis un petit moment. En terme d’écrits, j’ai des textes qui datent de plusieurs mois voir plusieurs années. Idem concernant les prods. 

J’ai pas tous les jours l’opportunité de créer un projet bien ficelé, ce qui fait que j’ai beaucoup de taff qui s’accumule avec le temps. ça se ressent dans la mixtape je pense. 

Y a du “ancien Younès” avec des couplets rappés, ceux sur quoi les gens m’attendaient et me connaissaient déjà.

Mais y a également un “nouveau Younès”, avec des refrains chantés, autotunés. ça ça a été possible avec les rencontres faites autour de ce projet, avec des compositeurs, des artistes qui m’ont aidés à sortir de ma zone de confort. 

Tu avais des inspirations musicales particulières pour préparer ce projet ?

Non, pas une inspiration en particulier. Mais ce que je vise, c’est le classique. J’aimerais réussir à faire des sons comme Booba ou Rohff il y a 10 ans, des sons qui marquent  une génération entière et perdurent dans le temps.

Pour moi un classique c’est un son que tu écoutes aujourd’hui et qui n’a pas mal vieilli. c’est toujours autant de la patate.  C’est ça que je veux faire. 

Comment s’est faite la connection avec Riles ? Quelle est votre relation à l’heure actuelle ? Une anecdote à nous raconter sur votre rencontre ?

Rilès c’est un très bon ami, avant d’etre le gars avec qui je fais de la musique. On s’est rencontrés au lycée, en seconde. Dès le premier jour on s’est tapés des barres ensemble. Je me souviens d’ailleurs que je suis arrivé 3 mois en retard dans mon nouveau lycée car j’étais à l’étranger pour un voyage linguistique, au Canada.

Bref j’arrive donc trois mois après tout le monde; le midi je rencontre Rilès, on s’entends bien, et on joue aux cartes avec lui et d’autres fréros qui sont encore là aujourd’hui avec nous. Et du coup on s’est retrouvés lui et moi en retard pour mon premier cours de français juste après. La prof m’a détesté dès le premier jour c’était cuit pour moi haha. 

Cogites-tu beaucoup à ta musique ? Est-ce que tu la conceptualises ?

Pendant longtemps je pensais que ce je disais dans ma musique était extrèmement important au point qu’il faille que ce soit parole d’évangile. Tout ce que je disais devait être “vrai” à mon sens car je ne voulais pas égarer les gens, ou propager des messages négatifs. Je considérais qu’être artiste c’est avoir une grande responsabilité auprès de  ceux qui nous écoutent. Aujourd’hui, je me suis un peu affranchi de cette règle qui me limitait dans mon art.

J’accorde toujours beaucoup d’importance à mes textes, et même si il  faut pouvoir assumer ce qu’on chante, je considère que c’est aussi à l’auditeur de prendre la musique pour ce qu’elle est: à savoir simplement de la musique. Demain je peux faire un son dans lequel je me sens en colère et où je chante que je veux tout casser, pour autant ce n’est qu’une émotion à un instant T. Il faut faire la part des choses. La musique, c’est le son des sentiments.

Ça ressemble à quoi une journée en studio avec Younès ?

C’est du charbon. Je suis un perfectionniste, un charbonneur. Si je suis dans un bon jour, que l’inspiration est là, que les étoiles sont alignés et qu’on arrive à faire du son, alors on va en profiter jusqu’à que ce soit toi qui soit trop fatigué et qui n’en puisse plus. 

Dans un avenir plus ou moins proche, que prévois-tu ?

Un album. C’est clairement l’objectif. Mais avec encore un niveau au dessus. La mixtape c’était la deuxième vitesse, là on va essayer de passer sur l’autoroute. L’idée c’est ausi surement de balancer d’autres sons entre temps. Peut etre une autre série concept comme les rapports que j’ai sorti en 2019.

Un message à faire passer en ce temps de crise sanitaire (Covid) ?

Si vous avez la chance de ne pas être malades, profitez en pour vivre ce confinement comme vous l’entendez. ça peut etre l’occasion de faire chez soi ce qu’on n’a jamais le temps de faire habituellement.

De s’essayer à d’autres choses. De rencontrer les gens avec qui on vit, accessoirement. De se reposer tout simplement. En tout cas, si toi ou tes proches n’êtes pas malades, la situation n’a pas à être dramatique. ça peut au contraire être une aubaine. 

Le projet est à À streamer sans modération.