UNE CONVERSATION x GNUCCI

Ana Gnuccira plus connu sous son nom de scène Gnucci est une jeune rappeuse talentueuse originaire de Suède. A la fois artiste de Hip-Hop et de pop, Gnucci s’est très vite fait remarqué par son style atypique qui lui a permis de se faire un nom. Aujourd’hui âgé de 28 ans, et après avoir sorti plusieurs projets, elle s’apprête à dévoiler un nouvel album studio. Nous sommes allé à sa rencontre pour en savoir plus sur ce personnage.

_ Peux-tu te décrire ?

Bien sûr. Je m’appelle Ana Gnuccira, je fais de la musique sous le nom de Gnucci, je viens de Suède mais je suis né en Yougoslavie et maintenant je suis international.

_ Partout dans le monde

J’essaye, j’essaye

_ C’est une vie de rêve

Ça l’’est. Je suis fatigué mais c’est fun et je fais de la musique. C’est difficile parce que je n’ai pas de style particulier mais je dirais que je fais de la musique de club, de dance. Au niveau de ma voix je dirais que je fais du rap. Et j’ai toujours… J’aime le décrire comme de la musique physique, je réalise que ma musique atteint son plus grand potentiel quand je vois des gens y répondre en dansant.

_ Quand j’ai écouté ta musique ça m’a donné envie de danser

C’est de la musique pour le corps. Mais j’ai aussi de la pop en tête quand je fais mes morceaux parce que je veux être très mélodique parce je me produis en majorité dans les clubs et que je veux que ma musique soit vraiment « pow » (j’ai pas compris ce qu’elle a dit) au niveau de la mélodie

_ Quelle est votre avis sur les femmes qui font du rap ?

Quelle rappeuse ?

_ Iggy Azalea ….

Je ne vois pas de raisons de me comparer à elle. Pourquoi ?

_ Je ne sais pas, qu’est-ce que tu penses d’elle ?

Je les adore. Si elles sont bonnes je les adore.

_ Quelles sont tes inspirations ?

Il y en a beaucoup. Je reçois beaucoup cette question et c’est ennuyant de dire « tout » parce que ce n’est pas une bonne réponse donc je commence à réaliser qu’une bonne inspiration est  ce qui me fait faire quelque chose, ça me rend active. C’est pourquoi j’ai aussi le sentiment que je fais quelque chose qui a de la valeur. Des fois il y a des fans qui font des chansons sur toi. C’est incroyable de se dire qu’à partir de mon art on peut en faire d’autres. J’adore danser, de voir les gens danser ça m’inspire beaucoup. J’étais sur la place de la république et il y avait ces jeunes gays, garçons et filles qui faisaient leur mouvement… Pour moi ça c’est inspirant. Quoi d’autres… Parler et marcher, c’est un hobby et les sentiments. Des fois les sentiments sont tellement forts que  ça crée une énergie. Par exemple quand t’es avec tes amis et que tu ne fais rien, c’est un sentiment incroyable. C’est le meilleur sentiment mais c’est dur à expliquer. Parfois les choses sont bonnes parce qu’on ne peut pas les expliquer

_ Est-ce que tu te souviens de ton premier rap ?

Oui, on me taquinait beaucoup par rapport à mon prénom, mais dans un sens amical. Les enfants chantaient des chansons à partir de mon Prénom. On faisait ça à l’école. Il y avait celle-là qui faisait (la elle chante). Et après avoir entendu ça qui signifie « I coup (j’ai pas compris la) tous les jours ». On me taquinait beaucoup à l’époque. Et à partir de ça je voulais faire mon propre morceau et je pense que c’est mon souvenir de rap le plus ancien. Et quand j’ai déménagé en Suède, mon grand frère ma introduit au Hip-Hop, au hip-hop américain et suédois. Il y a un groupe légendaire en Suède appelé The Latins Kings. Tu connais ? Ils rappent en suédois et ils sont comme des légendes en Suèdes. Ils n’existent plus en tant que Latin King mais ils ont des projets solos

_ Qu’elle serait ta collaboration de rêve ?

Je  rêve de rencontrer le producteur qui est près à consacrer tout son temps pour moi, juste pour moi. C’est une des personnes que j’aimerai qu’il vienne vers moi de lui-même parce que maintenant c’est difficile de rencontrer LE producteur. Stromae, Jeremih, Wiley, je veux vraiment collaborer avec Ciana, je pense qu’elle va venir ce soir. Je l’aime beaucoup. C’est tout ce que j’ai en tête.

_ Avez-vous peur d’être incomprise ?

Oui je pense que l’on est tous. Je pense que c’est très facile pour les gens de ne pas comprendre une personne à cause de leur opinion personnel et de juger la personne mais je suis ouverte d’esprit. Je fais de la musique et j’apprends toujours donc je pense que je suis aussi ouverte  pour une conversation. Si quelqu’un montre de l’intérêt pour ce que je fais comme vous le faites avec de interviews, j’apprends toujours. C’est pourquoi que je trouve que les interviews sont bizarres parce que je réalise pendant qu’on parle. C’est sympa qu’on ait besoin l’un de l’autre mais pour ce qui est d’être incomprise, j’aime aussi le fait d’exister dans le but d’être incomprise. C’est intéressant d’avoir ce contexte. Par exemple quand je fais des couvertures de magazines de Hip-Hop, il y a toujours des gens qui sont genre « ce n’est pas du hip-hop » ou « ce n’est qu’une fille », tout ça parce qu’il y a des normes ou des stéréotypes. Il y a toujours des gens qui sont genre « tu n’es pas ce qu’on m’a dit que tu devrais être ». C’est fatiguant mais c’est aussi inspirant puisque c’est comme ça que je m’encourage. J’en ai besoin dans ma musique. Ce n’est pas spécialement ce que tout le monde veut entendre mais tout le monde a besoin de diversité.

_ « Si tu ne fais pas de l’art putain d’honnête, tu n’es pas un putain d’artiste ». Es-tu d’accord avec cette phrase

Non, je mens beaucoup. La personne qui a dit ça voulait dire honnête envers soi-même, donc oui je suis d’accord mais je mens aussi.

_ Quel est ta vision sur l’industrie musicale ?

Je ne sais pas, j’y réfléchis toujours. J’ai essayé de travailler avec des gros labels mais j’ai choisi de mettre un terme au contrat parce que ça ne marchais pas pour moi. Au début j’avais peur parce que j’étais sensé être reconnaissante envers eux mais ça m’excite aussi de savoir qu’il y a tellement de possibilité pour les gens qui aiment passer par des chemins alternatifs pour atteindre de gros buts et de gros rêves d’être reconnu et supporté par l’industrie. Je ne sais pas qui est cette Industrie.  Parfois j’ai des commentaires disant que l’industrie ne sait pas qui je suis mais moi je ne sais pas qui est l’industrie. Mais j’adore internet. C’est mon industrie à moi.

_ Internet c’est le futur

C’est maintenant

_ Dernière question, quelle est ton style vestimentaire préféré ?

J’adore les vêtements confortables, les pyjamas, les vêtements larges et tous les trucs comme ça. J’aime paraître paresseuse à travers mon style. Je qualifie ça de « stylishly lazy » et de « comfortably cute ». C’est ce que j’adore.

Photo : Karlton Seydi

Photo : Karlton Seydi